• 12 rue de Kergoat 29200 Brest

VENUE ANATOLY KARPOV

Le 12ème Champion du Monde de l’histoire du jeu d’échecs nous fait l’honneur de visiter le TOP12 ! Il passera les derniers jours de l’évènement en notre compagnie et sera présent pour le match France-Russie des jeunes filles moins de 12 ans. Il donnera également une simultanée samedi 2 juin : horaire et lieu seront précisés ici prochainement.

Anatoly Ievguenievitch KARPOV est né le 23 mai 1951 à Zlatooust, dans l’oblast de Tcheliabinsk en URSS (Russie).

Botvinnik, qui avait jalousement conservé le sceptre mondial pour lui-même et pour son pays durant 15 longues années, trouva « l’oiseau rare » à Zlatoust, dans l’Oural. Un petit garçon malingre, fluet, faisait preuve d’une maturité exceptionnelle pour son âge. Il calculait les variantes avec une rapidité stupéfiante et possédait une lucidité de vieux briscard dans le jugement des positions. Nous étions en 1964, Anatoly Karpov avait 13 ans, une froide détermination et une ambition inversement proportionnelle à sa taille.

Botvinnik, « Monsieur Echecs de l’URSS » donna les directives adéquates pour faire pousser puis éclore le jeune talent.

Le premier succès de Karpov fut aussi tardif que sa consécration fut précoce.

Pendant longtemps on préserva Karpov des tournois qualificatifs au championnat d’URSS, considéré par beaucoup comme étant plus difficile que le championnat du monde. Ces tournois difficiles, acharnés, sans merci, ont usé prématurément plus d’un jeune espoir soviétique. Karpov fut soumis à un régime de « champion-éprouvette », made in Soviet Union.

A l’âge de 16 ans Karpov devenait champion d’Europe Junior à Groningen. Les 3 années suivantes ne permirent pas aux observateurs occidentaux de se rendre compte des progrès de Karpov. Supervisé par Botvinnik l’entraînement du jeune champion était intense, méthodique, programmé.

Botvinnik annonçait la participation de son jeune poulain au prochain championnat du monde Junior à Stockholm. En le gagnant, Karpov obtint du même coup le titre de maître international. L’année suivante il obtenait les gallons de grand-maître international. Les progrès étaient rapides, plus rapides que prévus.

Anatoly Karpov déménagea et vint poursuivre ses études d’économie à l’Université de Leningrad. Semyon Furman fut chargé de son entraînement échiquéen. Théoricien patenté et grand maître de première force, Furman sut faire mûrir le style de Karpov et lui donner une plus grande solidité dans le répertoire des ouvertures, principalement avec les pièces noires.

La régularité des résultats de Karpov prouvaient qu’il possède, malgré son apparence physique, de hautes qualités sportives : résistance, combativité, sang-froid, vitesse de décision… Techniquement, son jeu s’était également amélioré.

Sa grande force consiste en une lucidité extraordinaire lui permettant, au moment inattendu, d’opérer une série d’échanges et de gagner la fin de partie grâce à une plus grande liberté de mouvement, conséquence de l’avantage d’espace initial. Plus la position semble simple, plus l’échiquier se vide de matériel, plus Karpov est dangereux.

En 1971, au Mémorial Alekhine de Moscou, Stein partagea la première place avec le nouveau venu Karpov (pas moins de 4 champions du monde prenaient part à la compétition : Spassky, Petrossian, Tal et Smyslov). Le « champion éprouvette » bouleversait les données scientifiques.

Karpov confirma la même année à Hastings où il partagea la 1ère place avec Korchnoi, puis à San Antonio ex-aequo cette fois avec Portisch et Petrossian.

Que Bobby Fischer ait les Blancs ou les Noirs, il est en quête perpétuelle de la victoire, même au prix de risques. Karpov semble avoir adopté la tactique moins attractive : gagner avec les Blancs, faire nulle avec les Noirs.

Avant de faire son entrée dans le cycle éliminatoire du championnat du monde, Karpov fut envoyé au tournoi de Madrid avec Furman. Les spectateurs espagnols ne furent pas déçus par la nouvelle star.

En 1973, pour le championnat du monde, Karpov se qualifia pour les 1/2 de finales face à Poulougaïevsky. Il rencontre Spassky. La fin du match fut un véritable cauchemard pour Spassky. Karpov joua la finale contre Korchnoi. Expert dans la manière de geler le jeu, Karpov ne laissa pas se créer le plus petit déséquilibre. Devant des millions de soviétiques, à la fin du mois de novembre 1974, Anatoly Karpov, 23 ans, devenait le challenger officiel de Robert Fischer.

En juin 1974, un télégramme de Bobby Fischer parvint à la FIDE afin d’annoncer qu’il abandonnait son titre (La FIDE n’ayant pas accepté les exigences de Fischer). Le 24 avril 1975 Max Euwe, président de la FIDE, proclamait Anatoly Karpov champion du monde.

Le nouveau champion du monde enchaine alors les victoires. Son style n’emballe pas les foules, mais est diablement efficace. A la manière de Capablanca, Karpov prend l’avantage doucement, mais sûrement. Beaucoup le compare à une machine, raisonnant froidement, objectivement, sans recherche esthétique.

1978, il défendit son titre contre Kortchnoï qui depuis 1976 avait quitté l’URSS. Le match prit des allures science-fictionnesques, Karpov utilisant les services d’un para-psychologue…, des yogis vinrent pour aider Kortchnoï… Le match dura 3 mois.

Ils remirent cela en 1981 avec un match plus court et qui vit encore la défaite de Kortchnoï.

1984, il rencontra Garry Kasparov dans un match marathon (le match s’arrête au premier qui obtient 6 victoires, les parties nulles ne comptent pas). Ils restèrent très longtemps à 5-0 puis 5-1, mais quand Kasparov remonta à 5-3, le match fut interrompu (au bout de 5 mois). On accusa le président de la FIDE, M. Campomanes de protéger Karpov.

1985, second match qui vit la victoire de Kasparov. Karpov tenta par 2 fois de récupérer la couronne, en 1987, match avec égalité qui favorisait donc le tenant du titre et en 1990 où il perdit.

En 1993, il put récupérer le titre, comme en 1975, Garry Kasparov se fâchant avec la FIDE et créant un championnat du monde « parallèle ». Il le garda jusqu’en 1999 qui vit un nouveau type de tournoi pour déterminer le titre, non plus un match entre le champion et un candidat mais un tournoi style coupe à élimination à chaque tour.

Extraits tirés du livre « La fabuleuse histoire des champions d’echecs« , Nicolas Giffard